C.R.A.C.

Personnalité de demain, Sylvie Berthod est une femme qui va faire parler d'elle. Son projet fait déjà beaucoup de bruit dans les ministères: le CRAC, Centre de Réinsertion Artistique en milieu Carcéral. Son idée est pourtant simple: afin de désengorger les prisons françaises et trouver une alternative à la récidive, faisons de ces anciens délinquants des artistes!
Débordante d'énergie et d'ambitions, elle a fait le tour des prisons de France et a recruté les meilleurs éléments pour cette tournée:
Franck, 34 ans, homme déterminé, vient pour présenter une interprétation très personnelle, poético-politique, d'un jeu enfantin: la marelle. Fait également partie de la chorale.
François, 31 ans, a changé de vie en prison depuis sa découverte du chant. Il a travaillé très dur pour être au top pour la tournée du CRAC.
Daniel, homme sans âge, ancien pianiste légèrement déséquilibré, a été recruté pour ses talents de musicien.
Encadrés par Corentin, gardien de prison prometteur dans un avenir chargé d'émotions, les détenus sont là pour exécuter un tour de force: laisser entrevoir les bienfaits de la méthode Berthod, dans un climat où chacun interprète respect et dignité humaine à sa façon.
La démonstration prend forme, Sylvie Berthod déroule, elle est à deux doigts de clore le bec du Comité de Prévention de la Torture et autres alarmistes professionnels, ceux qui passent leur temps à donner une image déplorable du système carcéral. Jusqu'au moment où, dans une grande confusion, un événement tragique va les obliger à improviser.
La situation est elle vraiment sous contôle? Qui a les nerfs les plus solides dans un climat aussi tendu? Quelles règles s'appliquent dans la rue, celles du « dedans », du « dehors »?

Note du metteur en scène

Nous avons fait « connaissance » avec le système carcéral au cours de plusieurs stages de pratique des arts de la rue et de représentations en Centre de Détention. Au delà d'une pratique artistique nous avons créé des liens avec ces hommes qui nous ont sensibilisés sur leur situation. Au terme d'une représentation d'un spectacle clownesque abordant le thème de l'espace vital (Parkés), un spectateur m'avait fait remarquer que selon lui, ce genre de spectacle s'adresse à un public de « l'extérieur ». A partir de cet instant j'ai commencé à chercher comment aborder ce sujet sans se placer en détenteur d'un savoir, avec pour but d'injecter quelques aberrations bien réelles au sein d'un spectacle burlesque.
Pourquoi la rue?
Pour aborder un tel sujet, l'état actuel de nos prisons et les réactions de nos dirigeants face à ce problème; la salle qui permet une écoute plus profonde, plus intime aurait été plus appropriée. Mais si les salles n'attirent malheureusement qu'une partie infime de la population, la rue reste le seul lieu où le spectacle vivant est offert à un véritable pubic qui représente réellement notre société. C'est pour cela que je crois que l'un des avenirs du théâtre appartient à la rue. CRAC a donc été écrit pour la rue, mais je reste persuadé qu'il est possible de défier les contraintes de rythme, de « sursollicitation » du public. Avec CRAC, j'essaie par petits pas à d'adapter des sensations de salle à la rue.
Travail par déconstruction.
Une fois le texte bouclé nous nous sommes retrouvés pour une lecture avec l'équipe qui est partie rapidement en franche rigolade. Les propositions des comédiens et leurs improvisations ont été axées sur l'humour et le jeu outrancier. Nous avons construit volontairement une forme burlesque dans laquelle le caractère absurde des situations et des personnages prenait le pas sur la proposition initiale. Le reste du travail a été  de gommer, de faire un choix radical mais judicieux, en tentant de garder en tête la lisibilité et les contraintes émotionnelles et techniques que nous impose la rue.
Avec ce spectacle nous avons cherché à faire entendre le malaise dans lequel se trouve notre système carcéral grâce à l'arme du rire. Nous faisons quelques petit clins d'œil à la télé réalité quand Sylvie Berthot franchit allègrement les frontières de la pédagogie et enfile le costume d'une présentatrice d'un show plus que scandaleux.

CRAC n'est pas un spectacle sur le thème de la prison, nous surfons sur cette univers mais nos moteurs restent décalage et provocation burlesque.

Distribution

Texte et règles du jeu : Fabrice Richert
Avec : Gaelle Lautru, Gilles Geenen, Marek Hunhap, Steeve Gonçalves, Thomas Dardenne
Photos : Emilie Barrier
prochaines dates
3 Mai 2011
CC JEAN MOULIN, LIMOGES (87)
11 Juin au 12 Juin 2011
FESTIVAL MONTS DE LA BALLE (42)
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